Pouckine
novembre 26, 2011 at 5:55 Laisser un commentaire
D’une espérance gaie empli comme un enfant,
Si je croyais que l’âme à son ultime instant
Arrache la mémoire à la chair qui empeste,
Et l’idée et l’amour vers l’abîme céleste –
Alors, j’aurais maudit ce monde de la mort,
J’aurais brisé l’idée effrayante du corps,
Volant vers ce pays de liberté, de fête,
Ce pays éternel, sans forme toute faite,
Où l’azur est sans tâche et l’idée est splendeur.
Mais je m’adonne en vain à ce rêve trompeur :
Ma raison me poursuit, méprise l’espérance…
La vie retourne à rien dans un néant immense,
Quoi, plus rien ? Ni l’idée, ni le premier amour ?
J’ai peur ! Et, de nouveau, je vois le triste jour,
Et je veux vivre et vivre et qu’une image chère
Trouve refuge et brûle en mon âme éphémère.
Pouchkine
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